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Comment le Mossad a piégé le Hezbollah via des milliers de talkies-walkies explosifs

Mossad, le service de renseignement et d’opérations spéciales

Le Mossad, terme hébreu signifiant « Institut », est le service de renseignement extérieur d’Israël, spécialisé dans le renseignement, les opérations clandestines et la lutte contre le terrorisme. Il fonctionne aux côtés de l’Aman (renseignement militaire) et du Shin Bet (sécurité intérieure). Seul le Premier ministre israélien peut approuver ses opérations majeures.

Selon Wikipedia, le Mossad disposerait d’un budget annuel d’environ 10 milliards de shekels israéliens (environ 2,73 milliards de dollars américains) et emploierait environ 7 000 personnes.

Le Mossad figure parmi les agences de renseignement les plus redoutées au monde.

Dans cette série d’articles, nous revenons sur certaines opérations majeures reconnues par Israël, telles que l’arrestation d’Otto Adolf Eichmann, l’un des nazis les plus connus pour sa participation à la Shoah.

Dans l’article qui suit, nous vous dévoilons comment le Mossad a réussi à infiltrer les canaux de communication du Hezbollah, groupe chiite libanais hostile à Israël et classé comme organisation terroriste par plusieurs pays.


L’opération du 17 septembre 2024 à Beyrouth

Le 17 septembre 2024, vers 15h00, sur un marché de Beyrouth, capitale du Liban, une caméra de vidéosurveillance enregistrait une scène de routine. Soudain, un talkie-walkie explosa dans les mains d’un homme qui venait tout juste de recevoir un message confidentiel via l’appareil.

Les images vidéo capturées sont rapidement devenues virales : le talkie-walkie explose brutalement après réception du message, blessant son utilisateur. L’opinion publique libanaise fut choquée.

Selon plusieurs médias, les messages reçus provenaient directement du haut commandement du Hezbollah.

Le journal israélien The Jerusalem Post, dans son édition du 18 septembre 2024, confirma que Mojtaba Amani, ambassadeur d’Iran au Liban, aurait été blessé lors de ces explosions.


Les faits en détail

Les vidéos d’explosions montrent que les victimes ouvraient le message reçu, puis l’appareil explosait instantanément. On estime que plus de 2 800 personnes auraient été blessées à travers le Liban à cause de ces dispositifs.

Ces appareils, des talkies-walkies datant des années 1980, sont encore utilisés dans le milieu militaire et du renseignement. Ils permettent de transmettre des messages sans passer par les réseaux téléphoniques traditionnels. Les experts les considèrent généralement comme sûrs et très difficiles à pirater.

Le Hezbollah, sur ordre de son ancien leader Hassan Nasrallah, avait interdit l’usage des téléphones portables à ses membres pour éviter l’espionnage. C’est pourquoi ils avaient préféré les talkies-walkies. Mais le Mossad, fidèle à sa réputation, était déjà passé à l’action.

Nasrallah lui-même a été tué à Beyrouth par une frappe israélienne, selon les Forces de Défense Israéliennes (IDF).


Le chaos s’empare du Liban

Après la première explosion, d’autres suivirent dans tout le pays. Des milliers de militants jetèrent leurs appareils au sol dans la panique. Lors de funérailles organisées le lendemain, une autre explosion fit 37 morts, 3 700 blessés, et des milliers d’autres souffrirent de stress post-traumatique.

Les hôpitaux de Beyrouth reçurent une vague d’admissions, souvent pour des blessures au visage, aux mains, ou aux parties intimes.


Quels moyens ont été utilisés ?

Deux hypothèses principales ont été avancées :

  1. Cyberattaque : Une commande à distance aurait déclenché une surchauffe de la batterie, provoquant une explosion. Mais cette théorie a été rejetée par plusieurs experts, car une batterie surchauffée génère généralement de la fumée ou un incendie, mais pas d’explosion violente.

  2. Dispositif préinstallé : Des explosifs auraient été dissimulés dans les appareils avant leur livraison. Une puce intégrée, programmée pour chauffer la batterie à distance jusqu’à déclencher l’explosion, aurait été installée à l’insu du Hezbollah.

Des images montrent des talkies-walkies explosant avec une telle puissance qu’ils incendiaient même des véhicules à proximité.


Enquête sur la provenance des appareils

Les investigations ont révélé que les talkies-walkies provenaient officiellement de l’usine Gold Apollo, basée à Taïwan. Son directeur a toutefois nié toute implication, affirmant que la fabrication avait été sous-traitée à une autre société : BA.C Consulting.

BA.C serait basée à Budapest, en Hongrie, mais les autorités hongroises ont rapidement déclaré que cette entreprise n’existait plus et qu’aucun dispositif de communication n’avait été fabriqué sur leur sol.

Le New York Times, citant trois sources issues du renseignement, affirme que cette société hongroise entretenait des liens secrets avec Israël.

Des fragments retrouvés sur les lieux portaient également le logo de ICOM, entreprise japonaise, qui a toutefois arrêté de produire ce type d’équipement depuis 2014.

Les experts estiment qu’il est très difficile de retracer l’origine exacte de ces appareils, car des usines illégales de contrefaçon existent notamment en Chine.


Une opération d’envergure

Dans une interview au journal L’Orient-Le Jour, un expert du renseignement a confirmé que cette opération avait été menée avec une grande sophistication par le Mossad, et qu’elle avait porté un coup psychologique majeur au Hezbollah.

Cependant, il a également souligné que l’opération avait plongé une grande partie de la population libanaise dans la peur. Les citoyens ordinaires redoutaient de se retrouver dans des foules ou d’utiliser des appareils électroniques, craignant de subir une explosion.

Sangiza iyi nkuru

Soma Izindi Nkuru

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