La province de l’Ituri, en République Démocratique du Congo, reste plongée dans la violence envers les civils à cause des affrontements entre deux groupes armés : CODECO/URDPC (Coopérative pour le développement du Congo / Union des révolutionnaires pour la défense du peuple congolais) et la milice Zaire.
C’est ce que révèle une nouvelle enquête confidentielle des Nations Unies, relayée par plusieurs médias ce mercredi 2 juillet 2025. Le rapport accuse l’Ouganda de soutenir deux chefs rebelles, le colonel Innocent Kaina et Thomas Lubanga, qui auraient relancé leurs activités militaires en Ituri.
Selon les experts de l’ONU, CODECO/URDPC est le principal auteur des exactions recensées, notamment des massacres et des attaques contre des camps de déplacés.
Le rapport indique :
« Les dirigeants de CODECO/URDPC ont échoué à rendre des comptes sur les violences graves contre les civils, démontrant une tolérance inquiétante envers ces actes. Des communautés entières sont touchées par l’enrôlement d’enfants et les violences sexuelles liées au conflit, deux phénomènes largement sous-déclarés. »
Toujours selon les experts, le déploiement de troupes ougandaises au-delà de leur frontière a contribué à aggraver les tensions en Ituri. Ils affirment que les activités de Lubanga et Kaina sont soutenues par les autorités ougandaises.
Le rapport poursuit :
« L’envoi unilatéral de troupes ougandaises (UPDF) dans les territoires de Mahagi et Djugu a intensifié les troubles et pourrait déclencher des conflits ethniques. Thomas Lubanga et Innocent Kaina, tous deux sous sanctions internationales, ont chacun fondé un groupe politico-militaire visant à renverser le gouvernement congolais. Ils résident à Kampala, où leur présence et leurs activités sont tolérées par les autorités ougandaises. »
Le rapport souligne également que CODECO, URDPC et la milice Zaire continuent à contrôler l’exploitation aurifère dans les territoires de Djugu et Mahagi.
« Certains députés provinciaux et nationaux sont impliqués dans l’exploitation illégale de l’or, qu’ils échangent contre des paiements à CODECO/URDPC. Cet or illicite est acheminé en contrebande, principalement via Kampala. »
Lors d’un exposé au Conseil de sécurité de l’ONU, la représentante du Secrétaire général de l’ONU en RDC, Bintou Keita, a également dénoncé l’émergence de deux nouveaux groupes armés en Ituri, dirigés par d’anciens chefs rebelles condamnés pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité.




