Bertrand Bisimwa, Président du mouvement rebelle M23, a rejeté catégoriquement les accusations du Bureau Conjoint des Nations Unies aux Droits de l’Homme (BCNUDH) concernant le meurtre de 169 civils à Rutshuru.
S’adressant à Reuters, Bisimwa a affirmé que ces allégations reposaient sur les déclarations d’un certain Mulumba, connu pour être membre du FDLR. Il a vivement critiqué l’ONU pour avoir publié des informations non vérifiées.
Le 31 juillet, Reuters publiait une dépêche basée sur des informations des Nations Unies selon lesquelles les rebelles du M23 auraient tué 169 personnes dans l’est de la RDC, principalement des agriculteurs et des civils.
Bisimwa a dit qu’une enquête serait ouverte, mais a évoqué une probable “campagne de dénigrement” contre leur mouvement.
Dans une interview accordée à Voice of Congo, il a comparé cette affaire à l’affaire Kishishe, qu’il qualifie également de mensonge monté de toutes pièces.
“Vous vous souvenez de ce qu’ils ont fait à Kishishe ? Ils ont inventé une histoire, à partir de soi-disant témoignages, et l’ont publiée. Mais elle n’a jamais été prouvée. Nous avions quitté Kishishe à un moment donné, ils n’ont jamais montré d’enterrements, ni donné un seul nom de victime.”
Selon lui, la méthode utilisée cette fois est identique.
“Ils disent qu’ils ont reçu des informations de certaines sources. Autrement dit, des informations qu’ils n’ont pas vérifiées. C’est là que le BCNUDH faillit. Normalement, on doit aller vérifier, enquêter sur place. MONUSCO est là, le bureau est à Kinshasa. Pourquoi ne pas envoyer une commission avant de faire des déclarations aussi graves ?”
Il a dénoncé le fait que la source de l’ONU serait Mulumba, un porte-parole bien connu du FDLR, accusé de diffuser régulièrement de la propagande.
“Nous leur avons dit qu’ils pouvaient former une commission d’enquête. Ils ne l’ont pas fait. Et ils ne le feront pas, car ils savent que c’est de la propagande.”
Bisimwa a poursuivi en disant que l’un des employés congolais du BCNUDH serait à l’origine de ces fuites médiatiques manipulées, visant à tromper l’opinion.
“Quel était leur objectif ? Couvrir le massacre de Komanda, où des civils ont été tués dans des églises et l’armée (FARDC) était impliquée. Pour détourner l’attention, ils ont inventé une autre histoire.”
Reuters a précisé ne pas être en mesure de confirmer indépendamment les faits, mais cite des activistes locaux affirmant que les rebelles du M23 ont tué des civils avec des armes à feu et des machettes.




