L’ancien ministre de la Justice de la République Démocratique du Congo, Constant Mutamba, a comparu pour la première fois ce mercredi 9 juillet devant le tribunal de première instance, lors d’une audience publique, pour répondre aux accusations portées contre lui par le procureur général concernant le détournement présumé de fonds publics — des accusations qu’il rejette.
Le Parquet général l’accuse d’avoir détourné 19 millions de dollars américains, initialement destinés à la construction d’une prison à Kisangani. Cet argent provenait d’un fonds spécial d’indemnisation des victimes de la guerre de six jours entre l’Ouganda et le Rwanda.
Le 9 juin, le procureur général Firmin Mvonde a saisi l’Assemblée nationale du Congo pour demander l’autorisation de poursuivre Mutamba — une étape nécessaire avant le lancement du procès après une enquête préliminaire.
Le 15 juin, l’Assemblée nationale a accordé cette autorisation. L’ancien ministre a alors été officiellement poursuivi après avoir été interrogé à deux reprises par le parquet. Lors de la troisième séance, il était représenté par ses avocats.
Par la suite, Mutamba a rejeté l’ensemble des accusations, dénonçant une justice partiale et guidée par la haine personnelle. Le procureur lui a toutefois demandé de rester calme jusqu’à la fin des audiences.
Face aux accusations, il a démissionné de ses fonctions le 17 juin, dans une lettre adressée à la Première ministre Judith Suminwa, comme le rappelle Radio Okapi. Dans cette lettre, il salue les « réformes héroïques » qu’il dit avoir engagées au ministère de la Justice.
Ce procès est suivi de près tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. Il met en lumière non seulement la gestion financière de la justice, mais aussi l’intégrité d’un acteur politique de premier plan, connu pour ses attaques contre les magistrats — ceux-là mêmes qui siègent désormais à son procès.




