Un rapport d’experts de l’ONU concernant la République démocratique du Congo accuse le Rwanda de prévoir de confier à général Laurent Nkunda un poste haut placé au sein du groupe rebelle M23, pour apaiser des tensions internes.
En mai, ce groupe d’experts a publié son rapport avant de le transmettre au comité du Conseil de sécurité chargé des sanctions.
Sous la direction de la Belge Mélanie De Groof, les experts relèvent que même si le M23 a bien combattu, chassant les forces congolaises de plusieurs zones, le groupe souffre de tensions internes et de luttes de pouvoir.
Ces conflits trouveraient leur origine dans des attributions de postes dirigeants à diverses factions, et le retour controversé de l’ex-président Joseph Kabila à Goma, après l’exil.
Le rapport indique :
« La discorde interne au sein de l’AFC/M23 s’est accentuée à cause des nominations à des postes élevés et de l’annonce contestée du retour de Joseph Kabila dans l’est de la RDC. Ces tensions ont ravivé des divisions historiques entre factions rwandaises et congolaises. »
Les experts de l’ONU ajoutent :
« Pour restaurer l’unité et renforcer son soutien à l’AFC/M23, le gouvernement rwandais envisage de confier à Laurent Nkunda—actuellement sous sanctions de l’ONU—un rôle majeur au sein de l’AFC/M23. »
Le Rwanda a à plusieurs reprises critiqué ce panel onusien, l’accusant de partialité dans ses rapports annuels, en particulier en faveur de la RDC.
Le général Laurent Nkunda, aujourd’hui âgé de 58 ans, visé par ces élévations, a occupé des postes importants au sein de l’AFDL et du RCD-Goma, avant de fonder la CNDP, qui a ensuite donné naissance à M23.
Cette CNDP/M23 est en conflit avec les forces de la RDC depuis plus de trois ans et demi.
En 2009, Nkunda a été arrêté à Rubavu par les autorités rwandaises alors qu’il tentait de fuir ; il est depuis détenu au Rwanda depuis 16 ans.




